MONSr LE DUC DE GUISE

MONSr LE DUC DE GUISE.

Anet,
21 mai [1550.]

MONSr,
je crois que maintenant aurez bien sceu la mort de monsr le cardinal de Lorraine, qui m’a esté fort déplaisante pour ce que c’est ennuy sur ennuy; c’est une visitation que Nostre Seigneur vous faict pour vous expérimenter tousjours en voz vertus. Mais depuis que les choses font en ceste sorte, il ne fault pas oublyer messrs voz frères, aussy croy-je que le Roy suyvra les choses qu’il a faict du passé, je l’en ramenteveray encor par ma lettre, bien que je sache qu’il le fera; & pour ce, monsr, que j’espère vous veoir bien tost, je ne vous feray plus longue lettre, sy non pour vous remercier humblement de ce qu’il vous plaist me mander des nouvelles de mon filz monsr d’Aumale, & de ce que vous avez ses affaires en sy bonne recommandation; faisant fin, après avoir prié Nostre Seigneur vous donner autant bonne vie que je la désire pour moy mesme.

A Annet,
ce 21 may.
Vostre humble à vous obéyr.
DIANNE DE POYTIERS.

Villers-Costeretz,
30 août [1552.]

MONSr,
j’ay receu les lectres qu’il vous a pleu m’escripre, & comme par icelles me merciez de ce que j’ay faict pour vous; je vous asseure, monsr, que quant il sera question de vous affaires, je neperderay jamais la volunté de m’y emploier, comme vous pourra certiffier monsr le Mareshal de St André, de ce que j’en ay faict, & dont je ne vous feray long discours, à cause que je me suys trouvée ung peu mal troys ou quatre jours d’un caterre qui m’est survenu, & me excuserez, s’il vous plaist, si je ne vous ay sceu escripre de ma main, maintenant je me porte assez bien, qui est ce que je vous en puys dire; & sur ce me recommanderay bien humblement à vostre bonne grâce, & suppliray le Créateur, monsr, vous donner bonne & longue vie.

De Villiers-Costeretz,
ce dernier jour d’aoust.
Vostre heumble à vous obéyr.
DIANNE DE POYTIERS.

[? Villers-Cotterets, 15 septembre 1552.]

MONSr,
vous sçaurez par le seigneur Pierre la délibération du Roy, qui me gardera de vous en rien mander, puisqu’il vous la fera mieux entendre que moy par lettre; &, quant à ce que vous sçavez, le dict seigneur Pierre, m’a dit qu’il n’en est guères satisfaict, mais quand j’en ay parlé au Roy il m’a dit que monsr le Connestable vous satisfera de tout, ce qui me faict penser qu’il n’y fauldra, puisque luy mesme va par de là. Je vous asseure que ledict seigneur Roy ne pense qu’à vous secourir, & d’y aller luy mesme, sy besoing est. Sy par de ça il y a service ce que je vous puisse faire, je vous prie ne m’espargner, comme celle qui se tiendra tousjours bien heureuse de faire chose qui vous soit agréable, pour l’envye que j’ay de vous demeurer,

Vostre heumble à vous fère service.
DIANNE DE POYTIERS.

[Rheims, 5 juillet 1554.]

MONSr,
mon cousyn de Palésyn s’an va pour suyvre mon fys d’Aumalle; le Roy luy a pronmys hune plase d’équyerye; je vous suplye, monsr, luy présanter & le tenyr an vostre pourté comme chouse quy me touche, & vouyan la bonne anvye qu’yl a de fère servyse au Roy & à tous seux quy m’esme, se quy me fera vous suplyer l’avoyr pour recommandé, & moy an vostre bone grâse; suplyant Noustre Syneur Maistre vous donner très bone vye & longe.

De Rayns,
se Ve jour de julet.
Vostre plus heumble à vous obéyr,
DIANNE DE POYTIERS.

[Rheims, 8 juillet 1554.]

MONSIEUR,
j’ay receu une lectre que monsr de Bressieu de Daulphiné m’a esripte, par laquelle il me mende que monsr de Maugiron a donné l’estat de lieutenant de sa compaignie à son filz Moullan, lequel, comme vous scavés, a deux enseignes de gens de pied, lesquelles faudra qu’il quicte pour prandre ledict estat de lieutenant; &, pour aultant que ledict de Bressieu a ung frère nommé le sieur de Ribiez, qu’en fort honneste, saige & vaillant gentilhome, entre les mains duquel il désireroit que lesdictes deux enseignes tumbassent, il m’a pryé vous en escripre en sa faveur, ce que j’ay bien volu faire & vous supplier bien humblement, monsr, que, pour l’amour de moy le veullés avoir pour recommandé & en faire la requeste au Roy affin que ledict de Ribiez puysse avoir lesdictes deux enseignes, estant bien assurée qu’on ne les sçauroit bailler à personne que s’employe myeulx au service de Sa Majesté & vostre, qu’il fera; vous sçavés quelle maison sçaict, qui me gardera vous en fère aultre discours, si ce n’est de vous supplier m’en mender de nouvelles le plus toust que pourrés; & pour la fin je me recomande bien humblement à vostre bonne grâce; priant le Créateur vous donner, monsr très bonne & heureuse vye.

A Reins,
ce VIIIe jour de juillet.
Vostre plus heumble à vous obéyr,
DIANNE DE POTIERS.

Rheims,
8 juillet [1554.]

MONSr,
ce porteur s’en va pour vous solliciter de l’affaire de monsr de Ribiés, duquel je vous ay escript ce matin bien au long, pour luy avoir les deux enseignes de gens de pied que le filz de monsr de Maugiron a en charge; je vous supplie l’avoir pour recommandé, & en cella luy faire toute la faveur que pourrés, & par ce dict porteur m’escripre ce qu’il se pourra faire; &, pour aultant que vous dira le surplus, je ne vous feray plus long discours; suppliant le Créateur vous donner, monsr, très bonne & longue vye.

A Reins,
ce VIIIe jour de juillet.
Vostre heumble à vous obéyr,
DIANNE DE POYTIERS.