MESSIEURS LE CONNESTABLE ET LE DUC D’AUMALLE

A MESSIEURS LE CONNESTABLE ET LE DUC D’AUMALLE.

[? Moulins, 18 octobre 1548.]

MESSrs,
j’ay entendu par monsr d’Andelot que estes toujours en bonne santé, dont je suis très aise, & que metez une si bon ordre en tout ce qui touche ses mutins, que j’ay espérance qu’ilz n’y retourneront plus. Je vouldrois que eussiez achevé le demourant pour estre bien tost de pardeça. Nous ne faisons pas si grande dilligence que vous ne nous ayez bien tost attains à l’arrivée à Sant Germain, car nous n’y serons que le dixiesme du mois qui vient. Ledict Seigneur a grant envye de nous laisser, aprochant de messrs ses enffans, pour les aller veoir, si est ce que la Royne a grant envye de le suyvre, je vous advise qu’il fèt bone chère autant que je luy vis jamès fère. A ce que je voi vous avez donné congé à monsr le Marquis, lequel aura auttant de plésir que j’en ai eu de sa femme qui est acouchée d’un beau fis. Je pry nostre Sr qu’il vous en donent aultant que j’en ai eu en ung aultre endroit; & sur ce me recommanderay bien humblemant à vostre bonne grâce comme celle qui veult demourer

Vostre humble & bone amye.
DIANNE DE POYTIERS.

A MONSr MONSr LE CONNESTABLE.

Anet,
17 octobre [? 1551.]

MONSr,
j’ai receu les lectres que m’avés envoyé de la Reine & aussi les votres, de quoi je vous remercie bien fort, estant bien aise de ce que me mandés que le Roi s’est bien contanté du passe-temps que luy ay donné ici; vous m’escripvés aussi que l’avés trouvé engraissé je pance qu’il ne maigrira point entre voz mains, veu la bonne chière qu’on m’a dict que vous lui faictes. Notre Sgr veulle qu’il la puisse faire aussi longuement que je le désire. Si je sçavoys quelque chouse de nouveau je vous en feroys part, mays je ne vous sçaurois parler que de mes massons où je ne pertz une seulle heure de temps, & espère que quant viendrés ici que vous y trouverés quelque chouse de nouveau où vous prandrés plaisir; qui sera l’endroict où je m’en voys recomander bien humblement à votre bonne grâce; priant le créateur vous donner, monsr, très bonne & longue vie.

A Anet,
ce XVIIe jour d’octobre.
Votre heumble bone amye.
DIANNE DE POYTIERS

A MONSr, MONSr LE CONNESTABLE.

[? Joinville, avril 1552.]

MONSr,
j’é esté byen èse d’avoyr antandeu par se pourteur la pès assurée d’antre le Pape & le Roy; Dyeu veule qu’elle contynue; pour le moyns n’avons plus son anpêchement; aussi vous avés antandeu l’amas qui se fet de se couté de dessà, hoù l’ong mest le myleur hourdre que l’ong peut; je vous prye de i pancer pour byen mander vostre avys. Au demeurant, tout se pourte byen de par desà; Dyeu veule que nous puyssyons byen tout voir à noustre contantement. Et, pour se que je say byen que estes asés anpêché, je ne vous feré plus longe lestre; je ne vous feré que présanter mes recommandacyons à toute vouz bonnes grâse, comme sele qui est Vostre heumble bone amye.

DIANNE DE POYTIERS.

Je vous recommande tout se quy me touche.

A MONSr MONSr LE CONNESTABLE.

[? juin 1552.]

MONSr,
j’é receu vostre lestre hoù vous me mandés que mestrés penne de byen garder le Roy, se que m’assure, tant que serés avèque lui, car il ly a byen de quoi le myeux garder que jamès, tant des poyssons que de l’artylerye, que suys sûre que an vysytant les lyeux que vous savés, que se n’est à lui de se fère, il an peut venyr de grans inconvényans; & mayntenant que la fourtune lui est si prouspère tant plus il la asse garder, se que je suys sûre qui ne tyendra à luy byen remonstrer sy vous veust croyre; vous pryant, monsr luy présanter mes très humbles recommandacyon à sa bone grâce; vous an prandrés, sy vous plest, vostre part, comme selle quy veust demeuré

Votre heumble bonne amie.

DIANNE DE POYTIERS.

Monsr, je vous recommande mes deux beux fys, & vous assure qu’il ont bone anvie de vous fère servyse.

A MONSYEUR, MONSYEUR LE CONESTABLE.

[St-Germain-en-Laye, Octobre 1558.]

MONSYEUR,
l’ayse & le contentement que je m’asseure qu’aurés eu de la veue du Roi ne me gardera pas que je ne vous face ce mot de lectre pour vous dyre, monsyeur, que je veus, s’il vous plait, participer à cet ayse là, &, au demeurant, suplier Dieu qu’il vous done la grâse d’avoir l’issue de vostre asemblée telle qu’elle nous est nécessaire, & que, s’il luy plait, nous ayons cet heur de vous voir byen tôt par deça, quy ne sera jamès si tost que le désire. Je vous suplie, monsieur, avoir souvenance de l’afaire de mon fiz de Buillon.

Vostre humble à vous obéyr,
DIANNE DE POYTIERS.

A MONSYEUR, MONSYEUR LE CONESTABLE.
[St-Germain-en-Laye, Novembre 1558.]
MONSYEUR,
j’ay reseu la lectre que vous m’avés escrite, quy sont tant honestes qu’il n’est posible de plus. Aseuré vous, monsieur, que sy vous volés ainsi user en mon endret, come me mandés, je vous seray sy seure & sy obéyssante que persone du monde. L’espéranse que me donés de metre une fin à cete négotiation, me fait espérer que ne serons pas long tems sans nous veoir, ce que je prye à Dieu que ce puysse estre bien tôt, vous supliant avoir mémoire des afères dont je vous ay escript; quant on parlera des autres servyteurs de l’Empereur, il est bien raisonable que le Roi parle pour les siens; & aussi me tenir en votre bonne grâce, à laquelle byen humblement se va recommender celle qui veult demeurer

Vostre humble & mileure amie,
DIANNE DE POYTIERS.

A MONSYEUR, MONSYEUR LE CONESTABLE.

[St-Germain-en-Laye, 20 février 1558-1559.]

MONSYEUR,
j’ai receu les letres que vous m’avés écrite, & vous aseure que j’ai été byen fort ayse d’entendre de vos bones noveles, encores que je le seusse byen, car le Roy m’avoyt mandé l’ayse qu’il avoit eu de vous voir & come vous vous portyés; de quoy je suys byen aise que ce soyt byen, car j’ay espérance que vous porterés cet heur que nous aurons quelque bone pais, ce que je suplye à Notre Segneur de nous voir tous en repos; &, si ce peult fère, ainsy que l’escripvés, que le Roi Philipes pourra voir le Roi & monsr de Savoye, ce sera ung grand byen, cela apaisera toutes les querelles, ce ne sera pas peu fet à vous. Quant aussy, monsieur, touchant ce que me mandés de la bone cognessance qu’avés de la souvenance que j’ay eu de vostre absence, si vous voulés byen penser à tous les effets depuys le temps que vous me dites, vous troverés que vous m’êtes byen redevables; toutesfoys, si vous voulés vous souvenir de mon naturel, vous troverés que je suys amye en toutes les fortunes du monde, quy me fera vous suplier, pour toutes les récompenses que je demande, de m’aymer & estimer autant que je désyre avoir part en vostre bone grâse, à laquelle je m’en voys présenter mes byen humbles recomendacions, après vous avoir dit que n’aurés jamès tant d’ayse & de contentement que vous en désyre. Vous suplye, monsyeur, avoir en recomendacion les affaires de ma fille de Buillon & de moi, ainsi que vous dira monsyeur de Soissons.

Vostre humble & plus myleure amye,
DIANNE DE POYTIERS.

…All the same, if you will bethink you of my nature, you will find
that I am your friend in every fortune in the world, which makes me entreat you, for all the
recompense I ask, to love and to think well of me,
as much as I desire to have a share in your good grace…

A MONSIEUR, MONSIEUR LE CONNESTABLE.

[Villers-Cotteretz, mars 1558-1559.]

MONSr,
j’é receu les lestres que m’avés escrystes, de quoi je vous mercie byen heumblemant de la penne que an navés prys, que je pance byen que vostre travall [eft] si grant que’n’avés loysyr de m’escryre de vostre mayn, quy me soufyt de vostre souvenance & sepandant le segretère quy achève la moytyé‚ de ma lestre & moi nous reconmandons à vostre bonne grâse, & [prions Dieu] vous donner se que nous vous désirons, set de Vos ansyens & milleurs amis,

HENRY, DIANNE.

A MONSIEUR, MONSIEUR LE CONNESTABLE.

Paris,
25 novembre [? 1559].

MONSIEUR,
je vous ay cy-devant escript pour vous supplier estre aydant à mon filz d’Aumalle & à ma fille de Buillon, touchant le don que le feu roy Henry leur a cy-devant faict sur le sel, affin de faire confirmer le don & faire allouer ce qui a esté par eulx receu, & ce dont on leur a tenu compte; en quoy il vous pleut vous présenter & offrir à leur faire tout plaisir. Et pour ce que j’ay entendu que monsr de Grantville, qui est superintendant des finances, est prest de faire son rapport au premier conseil de ce qui concerne ledit affaire, suyvant la requeste & pièces estans en ses mains, je vous supplie, monsieur, le faire appeller à la première audience audict conseil & vouloir continuer d’estre aydant à mes dicts enfans. Je n’oblieray aussi à vous recommender ung nommé Ribauldeau, dict la Guillotière, qui a esté aultresfoys grenetier de la Roche-sur-Yon, & que l’on m’a dict estre de voz serviteurs; monsr le procureur du Roy de la Chambre des comptes, à ce que j’ay entendu, le tourmente fort & luy a faict mectre ses héritaiges en criées, pour une amende en laquelle messrs des comptes l’ont condempné, combien que de la dicte amende mon filz d’Aumalle & ma fille de Buillon luy ayent faict don, pour ce que les amendes provenant du faict du sel leur ont esté données par le feu roy Henry, sans réserver ne excepter les amendes émanées de la Chambre des comptes, à cause que le don d’icelles a esté faict en généralité. Toutesfoys, monsr le chancellier faict difficulté de remectre ladite amende; les lettres du don en sont ès mains dudict de Grantville, qui les a veues, qui vous en pourra dire la vérité; qui me fera sur ce vous recommender encores & avoir souvenance des paouvres Filles Pénitentes, après toutesfoys avoir présenté mes bien humbles recommendacions à vostre bonne grâce, & prye Dieu, monsieur, vous donner en santé très bonne & longue vye.
A Paris,
ce XXVe jour de novembre.
Monsr, je vous supplie aussy avoir en recommendacion le paouvre Tefferon. Vostre heumble & obyssante,
DIANNE DE POYTIERS.

MONSIEUR, MONSIEUR LE CONNESTABLE.

Anet,
17 juin 1562.

MONSIEUR,
je vous veux bien tenir promesse de vous mander comme les partaiges de mes enfans onst estez faictz & sont arrestez ce jourd’huy, en aussy bonne paix & transquilité que je l’eusse sceu désirer. Ma fille d’Aulmalle a eu Ennet; vous povez panser que cella a faict un peu de mal à ceux qu’il ne l’ont poinct eu; toutefoys y sont demeurez sy bien d’accord & en sy bonne amyttyé que, Dieu mercy, y sont demeurez fortz bons amys, qui me fera estre plus à mon ayse. Ma fille de Bouillon en a usé sy honnestement que monsr d’Aumalle s’en tient bien fort contant, aussy en a il grande occasion, veu qu’elle c’est mise en toutes les raisons que l’on a voullu, qui estout ce que vous aurez de moy pour ceste heure; qui sera l’endroit où je me recommandray bien humblement à vostre bonne grâce; priant Dieu, monsieur, vous donner heureuse vye & longue.

D’Annet,
ce jour-d’huy XVIIe jour de juin 1562.
Vostre heumble & obéyssante
DIANNE DE POYTIERS.