MONSr DE NEVERS

A MONSr, MONSr DE NEVERS.

[? Compiègne, décembre 1552.]

MONSr,
j’é reseu la letre que m’avez escrite, où j’é veu se qui vous a pleu me mander, j’en ay parlé au Roy, lequel m’a asseuré du grant contentement qu’il a de vous, & du bon devoir que vous fètes pour son servisse; il m’a dit que maintenant il n’y povèt panser, m’en remetant après ses guerres, & qui m’asseurèt de la bone amytyé qui vous porte. Il est à présant tant faché que je pense, monsr, de ne l’importuner point d’en savoir daventaige, qui me fera vous suplyer de croire que vous n’avés pas meilleure volunté que moy que sella avyenne; qui sera l’endroit où je vous présenteré mes heumbles recomandasyons à vostre bonne grasse, vous supliantt m’y tenir comme selle qui veut demeurer,

Vostre heumble & obéissante.
DIANNE DE POYTIERS .

Monsr, quant à la plase dont m’escrivés pour Gyry, après ses guerres, il m’a dit qui ne l’oblira point.

A MONSIEUR, MONSIEUR LE DUC DE NEVERS.

[? Paris, février 1557-1558.]

MONSr,
m’aian madame vostre fame anvouyé heun laquès, & avoyr receu de vous lestre que monsr d’Avanson m’a anvouyé, j’é byen vouleu vous an fère sertayn par se pourteur les avoyr heuue, dont je [ne] vous an sarés assés humblemant remercyer de me fère antandre vostre antrepryse, que j’aré heun byen grant èse quant elle poura [a] voyr hunne bone fyn, vous suplyant me le mander; mès festes la byen seurement, quy ne an vyenne inconvényan, car, je ne seré à mon èse, que je ne chasse an queule esta sela sera tourné; car assurés vous, monsr, que tout se quy vous touchera je le prandré à ceur comme vous mesmes, & quant je saré queuque chouse de bon je le vous manderé, vous suplyant que je demeure an vostre bone grâse, & me tenyr pour jamès Vostre plus heumble à vous obéyr.
DIANNE DE POYTIERS.

A MONSIEUR, MONSIEUR LE DUC DE NEVERS.

[? Paris, 27 février 1557-1558. ]

MONSIEUR,
j’ay receu les letres que vous m’avés escriptes, & entendu, par ce porteur, la quantité de boys que l’on avoyt mise sur vostre forest, quy n’estoit pas petite chose; toutesfoys le Roy, quant je luy en ay parlé, il n’entendoyt pas vous y fère tort, mais byen comme chose quy luy étoit fort nécessaire, & a esté byen ayse de l’invention qui luy a [été] baillé pour les marchans quy luy délivreront le boys; il ne demandoit autre chose; monsieur de Guyse, ny monsieur le cardinal ne luy en avoyent point encores parlé. Il me semble, monsieur, que les choses vont byen, & que Sa Majesté est byen satisfaite de vostre servise. Je luy ay demandé s’il seroit bon que vinssiés icy à ce caresme prenant, il m’a dit qu’il ne étoit point de besoing, si ne voulés, jusques à ce que monsieur le Daulphin se fiance, quy ne sera que après Pasques, ou, si c’est plus tôt, on ne fauldra point de le vous mander Je luy [ay] aussy demandé sy monsieur de Guyse parloit plus de vostre différent; il m’a dit que non, & quy.luy avoit dit qu’il ne vous vouloit point de mal; il me semble, monsieur, que le mieulx que vous pourriés faire, c’est de n’en fère plus de semblant & de mectre byen ordre à vous affaires, & regarder byen qu’on ne done point de trousse à vostre mariage, & ferés vous diligences, si vous m’en croyés; ce porteur vous dira le surplus, quy me gardera vous fère plus longue letre, si n’est de vous asseurer que vous me trouverés tousjours preste à vous obéyr & demeurer humble & obéyssante,
DIANNE DE POYTIERS.

A MONSYEUR, MONSYEUR LE DUC DE NEVERS.

[Avril, 1558-1559.]

MONSYEUR,
j’ay reseu les letres qu’yl vous a pleu m’écrire, & n’ay faylly de dyre au Roy la bone volunté que vous avyés, non seullement d’aller en hostaige, mais en plus dificilles & hazardeuses choses quy toucheront le servyse de Sa Majesté; sur quoy ledit Seigneur m’a respondu qu’yl le savoyt bien, & qu’yl s’en estoit tousjours byen aperceu; & m’a dit qu’yl [ne] vous povoyt mander ce que vous avyés à faire, jusques à ce qu’yl ayt parlé à monsieur le cardynal de Lorayne & monsyeur le conétable & veu les articles de la pais; mais que, ce pendant, vous n’avyés que faire de vous metre en despense jusques à ce qu’yl le vous mande; & m’a dit davantage que s’yl faisoyt des présens aux autres, qu’yl ne vous y oblyeroit pas & qu’yl vous en feroyt ung, pour le moins aussy beau qu’aux autres, come la raison le veult; & quant à moy, monsyeur, je croy que vous vous asseurés byen que je m’employeray à ce quy vous touche, comme plus obéyssante & myleure amye; & vous suplye, monsyeur, ne point prandre la peyne de m’écrire de vos novelles de peur d’estre importuné, & me sufira d’en savoyr par d’autres, & pendant vous garder byen en vostre santé & me recommandant byen humblement à vostre bone grâse, je pryeray Dieu, monsyeur, vous doner tel contentement que vous désyre

Vostre byen humble & obéyssante,
DIANNE DE POYTIERS.