MADAME LA CONNESTABLE

A MADAME, MADAME LA CONNESTABLE. 

Lymours,
19 octobre [1562].

MADAME,
ma fille de Buyllon & moy envoyons quérir vostre fille & la nôtre pour la veoir; vous nous ferez le plaisir de la nous anvoyer, car nous ne la garderons que tant qu’il vous plèra; madamoiselle Dumont, que nous luy anvoyons, luy fera compaignye; je vous anvoye ung tableau pour le caresme, je vous suplye, madame, vous souvenyr de moy, quant vous le voyrez; quant aus nouvelles, on nous a dit yssy que Rouen estoit prins, mais nous ne le savons pour le vray; sy vous en savés quelque nouvelles, il vous plèra nous en départyr; &, en atandant, je me recommanderé byen heumblement à vostre bonne grasse, & prye Dieu, madame, vous donner bonne vye & longue.
De Lymours,
ce XIXe octobre.
Vostre heumble à vous obéyr
DIANNE DE POYTIERS.

A MADAME, MADAME LA CONNESTABLE.

[? 1564.]
MADAME,
ayant entendu aultresfoys que monsr le connestable & vous avyés envye de trouver une terre qui est auprès d’Escouan, nommée Piston, estant fort à propos, ce me semble, pour la joindre à la vostre, en parlant avec monsr le président d’Ursey, je luy en ay bien voullu toucher ung mot, luy conseillant de la mectre entre voz mains, en luy baillant suffisante & seure récompense; lequel m’a faict response qu’il désiroit faire service à vous & à monsr le connestable. Parquoy, madame, s’il vous plaist d’y adviser, il me semble qu’il seroit bon maintenant d’y penser, car je suys asseurée, à ce qu’il m’a dict, qu’il fera ce que luy commenderez, estant si raisonnable que luy baillerez récompense que mérite la commodité que ce vous est; vous suppliant de penser que ce que j’en faiz n’est que bonne volunté que j’ay de vous veoir accommodée de ce bien là, & de vous faire servise en tout ce qui me sera jamès possible,
comme Vostre humble & obéyssante amye,
DIANNE DE POYTIERS.