MONSr LE DUC D’AUMALLE

Montargis,
30 janvier [1547-1548.]

MONSr,
madame de St Vallier, ma seur, m’a escript comme par la mort de Me Pierre de Fossalis est vacquée une chanonye de Ste Catherine d’Aiguebelle en Savoye, & désireroit bien que Jehan Gulphe, filz de l’un de ses serviteurs, en fust pourveu, & à ceste fin m’en a escript, comme il vous plaira veoir par ses lectres ; à cette cause, monsr, vous prye, tant que je puys, qu’en ma faveur vous veuillez pourveoir de la dicte chanonye ledict Gulphe & luy en bailler la depesche sur ce nécessaire, & vous me ferez très grand plaisir; &, sy en autre endroict me voullez commender, me trouverez preste à vous obéyr d’aussy bon cueur que je désire demourer en vostre bonne grâce, à laquelle très humblement me recommande, priant Dieu, monsr, vous donner bonne & longue vie.

De Montargis,
le XXXe jour de janvier.
Vostre très humble à vous obéyr.
DIANNE DE POYTIERS.

Je vous veux byen avertyr, monsr, que le Roy est an byen grant penne de vostre santé qu’elle ne soyt comme il la vous désyre, ansy que vous dyra se porteur.

Dijon,
11 juillet [1548.]
MONSr,
je n’ay voullu laisser aller ce porteur sans me ramentevoir en vostre bonne grâce, & vous asseurer que toute ceste compaignye se porte bien, laquelle n’est point sans parler bien souvent de vous; vous suppliant, monsr, de penser que en quelque lieu où je soye que me trouverez tousjours à vostre commendement. D’aussy bon cueur que je désire vous faire service, je me recommande très humblement à vostre bonne grâce, priant Dieu, monsr, vous donner très bonne & longue vie.

De Dijon,
le XIe jour de juillet.
Vostre très humble à vous obéyr.
DIANNE DE POYTIERS.

Je vous supplye, monsr, de dire à mon fils qu’il ne preigne point tant de peyne de peur que j’ay que cella luy préjudiciast à sa santé.

De Mâcon,
29 juillet [1548.]

MONSr,
ce gentilhomme, présent porteur, que bien congnoissez, a quelque affaire par delà qu’il vous fera plus amplement entendre, & pour ce que je désire luy pouvoir faire plaisir, vous ay bien voullu escripre la présente pour vous supplier, monsr, l’avoir en cest affaire pour recommandé & luy faire tout le plaisir que vous pourrez, car c’est ung personnaige qui a faict des services au Roy, à ce qu’il dict, & qui est pour luy en faire; &, pour l’espérance que ne le mecterez en obly, feray fin, priant Dieu, monsr, vous donner bonne & longue vie.
De Mascon,
le XXIXe jour de juillet.
Vostre très humble à vous obéyr.
DIANNE DE POYTIERS

Moulins,
19 aout; [1548.]

MONSr,
je m’estois obliée de vous envoyer les lectres que la Royne de Navarre m’avoit escriptes, par l’homme du prieur de Macherais; j’eusse esté bien marry d’y faillir voiant l’honnestetté de ladicte lectre; vous les monstrerés à monsr le marquis, vous y trouverez tous deulx ses recommandacions. Les autres nouvelles de par deça: l’on y veit à la façon accoustumée, qui est tout ce que vous puys mander pour cest heure, sy non que je vous supplie que je demourre en vostre bonne grâce, & croire que n’en départirez jamais à personne qui désire plus la garder que moy, & à laquelle très humblement me recommande, priant Dieu, monsr, vous donner bonne & longue vie.
De Moullins,
ce XIXe jour d’aoust.
Monsr m’a commendé vous faire les recommandacions & vous a escript il n’y a que deux jours par l’homme du prieur de Macheretz.

[? Du 24 au 25 août 1548.]
MONSr,
je ne vous sçaurois assez très humblement remertier de la peyne qu’avez prinse à m’escripre de vostre main; s’il vous plaist, vous m’excuserez sy je n’en faiz aultant de la myenne, car je suys icy arrivée aussy lasse qu’il est possible, & ne me suys peu garder de tormenter quant j’é veu vostre frère, toutesfoyz, monsr, il se porte assez bien, & ay espérance que pour ceste foiz il n’en aura que le mal; je mecteray peyne de le faire bien garder tant que seray avec luy. Et quant à ce qu’il vous plaist me mander de monsr d’Avanson, que le Roy luy accorde sa Maistrisse des Requeste, je vous remercie très humblement, monsr, de la peyne qu’en avez prinsé, & n’en ay affaire pour sest heure, mais s’il advenoit que j’en eusse besoing, je ne fauldrois de vous en advertir, comme à celluy qui me vouldroit secourir en mes affaires. Et quant à ce que me mandez que le Duc de Ferrare vient trouver le Roy à Thurin, j’en suys très aise encores que c’en pour sy bonne occasion & pour mectre une fin à vostre mariage, qui ne m’est moindre plaisir que à vous, comme celle qui désire demourer en vostre bonne grâce, à laquelle très humblement me recommande & qui veult demourer

Vostre très humble & obéyssante
DIANNE DE POYTIERS.

[? Moulins, 18 octobre 1548.]

MESSrs,
j’ay entendu par monsr d’Andelot que estes tousjours en bone santé, dont je suys très aise, & que metez une sy bon ordre en tout ce qui touche ses mutins, que j’ay espérance qu’ilz n’y retourneront plus. Je vouldrois que eussiez achevé le demourant pour estre bien tost de pardeça. Nous ne faisons pas sy grande dilligence que vous ne nous ayez bien tost attains à l’arrivée à Sant Germain, car nous n’y serons que le dixiesme du moys qui vient. Ledict Seigneur a grant envye de nous laisser, aprochant de messrs ses enffans, pour les aller veoir, si est ce que la Royne a grant envye de le suyvre, je vous advise qu’il fèt bone chère autant que je luy vis jamès fère. A ce que je voy vous avez donné congé à monsr le Marquis, lequel aura auttant de plésir que j’en ay eu de sa femme qui est acouchée d’un beau fis. Je pry nostre Sr qu’il vous en donent aultant que j’en ay eu en ung aultre endroit; & sur ce me recommanderay bien humblemant à vostre bonne grâce comme celle qui veult demourer

Vostre humble & bone amye.
DIANNE DE POYTIERS.


Paris,
12 avril [1550.]

MONSr,
le Roy envoye ce porteur pour sçavoir des nouvelles de monsr vostre père & des vostres, vous suppliant, monsieur, de m’en faire part, car vous n’en despartirez jamais à personne qui les désire plus que moy. J’ay espérance en Dieu que vous vous en reviendrez plus joyeulx que vous ne vous en estes allé. Le Roy m’a dict qu’il vous mandoys toutes nouvelles, tant de celles que apportées a Andelot du costé de l’Empereur, que du costé d’Angleterre, qui me gardera vous en faire plus long discours, si n’est que n’est rien venu d’Ytallye depuis qu’estes party, sors que Lamfardin m’a dict que monsr le Cardinal de Ferare est fort contant de la responce que le Roy luy a faicte; qui fera l’endroyt, monsieur où je prieray Nostre dict Sr vous donner autant de bonne santé que j’en désire pour moy, suppliant le Créateur vous donner bonne vye & longue, me recommandant humblement à vostre bonne grâce. Je vous envoye des lectres que monsr le grand prieur escript à monsr vostre père, que je vous supplye luy voulloir faire présenter; semblablement me faire tant de bien que de luy présenter mes bien humbles recommandacions en sa bonne grâce.

De Paris,
ce douzme avril 1550.