MADAME DE GUISE


Blois,
25 juillet [1551.]

MADAME,
je ne vous sauroys assez humblement remercier de la bonne souvenance que avez de moy, comme j’ay veu par les recomandations qu’il vous a pleu me faire. J’ay aussy entendu le bon deslivrement qu’a heu madame vostre fille à son enfantement, de quoy je loue Dieu, & si vous puys assurer, madame, que ce m’a esté ung des plus grandz plaisirs qui me fust sceu advenir, pour l’espérance que j’ay que bien toust nous vous verrons trestous en ceste compaignie, où, vous pouvés estre assurée, vous serés la fort bien venue; &, de ma part, je vous supplie de croyre que vous me trouverés tousjours d’aussy bon cueur preste à vous faire service que je m’en voys présenter mes humbles recommandations bien fort à vostre bonne grâce; priant nostre Sr vous donner, madame, très bonne & longue vye.

A Bloys,
ce XXXe jour de jullet.
Vostre heumble à vous obéyr.
DIANNE DE POYTIERS.

[? novembre 1552.]

MADAME,
sy j’avès autant de mouyan de vous fère connestre la souvenance que j’é de vous comme je l’ay, je vous heusse byen souvent inpourtunée de mes lectres, mès j’é esté sy peu avertye quant queuque qu’ung est alé par devers vous, que je n’é fet le devoyr de bonne affecyon, quomme ma voulonté le désyré; de quoy je vous puys assurer, madame, que sy j’avès l’onneur d’estre vostre proupe seur que je ne sarès avoyr myleure anvye de vous servyr an queque chouse que moy, ny quy fut plus marye des chouse quy vous pourest randre fâcherye, & que vous povés fère estat comme de vous mêmes, car j’é tant d’anvye de fère demeure an voustre bone grâse que je ne me sarès assés présanter pour mon contantemant, là hoù n’y trouverés jamès faute que je ne vous soye perpétuelle à jamès,

Vostre plus heumble afécyonée à vous obéyr.
DIANNE DE POYTIERS.

[? novembre 1552.]

MADAME,
je vous mercye heumblemant de la penne qu’avés prys de me fère part de vouz nouvelles, que, asse que je voys, vous n’avés ancoure veu monsr voustre frère, & que ne savès quant le vérés. Il me sanble, madame, que luy devés conseler aler trouvé le Roy pour luy fère servysse mayntenant, pour beucou de reson, quy serest trout longe à l’écryre & vous conseler; sy mon opygnyon n’est bonne, mès l’anvye que j’é de fère servyse à toute vostre mèson m’est le vous écryre; quy me gardera de vous fère plus longe lestre, sy n’est de vous présanter mes heumble reconmandacyon à vostre bonne grâce, & des deux maréchale, quy hont mesme voulonté de vous fère servyse, mès que le dyrrès commander, nous demeurerons,

Vostre plus heumble à vous obéyr.
DIANNE DE POYTIERS.

[? décembre 1552.]

MADAME,
depuys mes lestres ecrystes j’é heu se byen de recevoyr selles que m’avés escrystes, dont je ne vous en sarés asés heumblemant remercyer de la bonne souvenanse qu’avés d’une quy est dédyée an tous les androys que vous voudrés servyr de moy, estant byen èse de quoy chouse quy porreit me toucher vous peut donner plésyr, comme fét mes petys anfans, hoù je me soyte, avèque heux pour avoyr le plésyr de vous voyr, & vous fère servyse an [ce que] vous touche, que je suplye à Noustre Syneur vous an donner le contantemant que vous désyré. An fynant sète lestre, le Roy est aryvé, quy m’a commandé vous ferere ses recommandacyon, & qu’yl est fourt contant de monsr vostre frère, dont j’an né l’èse, pour l’amour de vous, ce qu’yl est pousyble d’avoyr.

Vostre heumble à vous fère servyse.
DIANNE DE POYTIERS.

Paris,
[? 13 janvier 1552-1553.]

MADAME,
la Renne anvoye se pourteur pour antandre de vouz nouvelles, quy ne seront jamès sy bonne que je les vous désyre; vous assurant, madame, que n’an départyrés jamès à perssonne quy les estyme tant que je foys, ny quy désyre plus vostre retour que moy, que je espère quy sera byen tout, puysque monsr voustre mary vyent trouver le Roy. Que chouse quy sont survenue, je ne vous an donré penne de lyre mes lestre, pour se que je pance quy ne vous an sera ryen sélé, & le surplus remetré à vostre retour, sy n’et suplyer que je demeure an vostre bone grâse, an laquele byen heumblement je reconmande,

Vostre heumble à vous obéyr.
DIANNE DE POYTIERS.