LE DUC DE NYVERNOYS

A MONSIEUR, MONS LE DUC DE NYVERNOYS.

Paris,
11 avril [1561].

MONSIEUR,

aiant trouvé ce porteur allant à la Court pour les affaires de monsieur le cardinal de Bourbon, je l’ay prié vous faire entendre quelques affaires qui me touchent, vous priant, monsieur, de m’en faire faire la responce; car, si vous entendez que les choses se facent de ceste sorte, je prendray pacience & mectray peine de faire du myeulx qu’il me sera possible; & en cest endroit je supplieray le Créateur, monsieur, vous donner bonne & longue vye.

De Paris,
ce XIe jour d’avril.
Vostre obéyssante & heumble alyé,
DIANNE DE POYTIERS.

A MONSIEUR, MONSIEUR LE DUC DE NIVERNOYS.

Lymours,
6 juin [1561].

MONSIEUR,
j’ay receu la lectre qu’il vous a pleu m’escripre, par laquelle me mandez les grandz fraiz & les affaires qui vous sont survenuz, & que, sy j’avois moyen de vous fère fournyr les vingt mil livres qui vous restent du mariaige de ma fille la marquise, je vous ferois aussy grant plaisir que sy je les vous prestois; asseurez vous, monsieur, que si j’en avois, & plus grande somme que celle là, je la vous presterois de très bon cueur, pour le désir que j’ay de vous faire service; mais vous pouvez penser les affaires que j’ay, qui sont bien grandz, au moyen de quoy je ne puys aisément faire ce que je vouldrois bien; j’estime que ma fille de Buillon sera tout ce qui luy sera possible pour vous satisfaire de la dicte partie; &, de moy, je y feray tout ce que je pourray pour l’envye que j’ay de demeurer en vostre boune grâce, à laquelle bien humblement me recommande; priant Dieu, monsieur, vous donner en santé très bonne et trés longue vye.

De Lymours,
ce VIe jour de juin.
Vostre heumble & plus obéyssante
DIANNE DE POYTIERS.